Dossier Scientifique

Bio 5 -Dossier scientifiques

Recherche bibliographique et synthèse réalisées par Jacques VANDERMANDER, Pharmacien.
 
La Chute des Cheveux : qui est concerné ?
La place essentielle de la nutrition dans l’équilibre et le bien-être de notre corps est maintenant reconnue par toute la communauté scientifique. Néanmoins, le mode de vie moderne, le manque de temps et de connaissances font que notre alimentation n’est pas toujours idéalement équilibrée, ce qui peut entraîner des déséquilibres et accélérer l’effet du temps sur notre corps, notamment au niveau des cheveux.
La chute des cheveux est un problème fréquent aussi bien chez les hommes que chez les femmes.
On distingue plusieurs types d’alopécies en fonction de leur origine.
Les 2 principales sont :
1. L’Alopécie Androgénique.
C'est un trouble héréditaire impliquant les androgènes (hormones masculines).
Chez l’homme, l’alopécie androgénique entraîne une chute caractéristique des cheveux sur le front (récession de la ligne frontale des cheveux sur les 2 tempes) et sur le sommet du crâne (vertex).
Chez la femme, elle se manifeste par une chute diffuse des cheveux sur la totalité du cuir chevelu.
Le mécanisme physiologique de ce phénomène est que ces zones contiennent des concentrations plus élevées de 5-alpha réductase, l’enzyme responsable de la transformation de l’hormone masculine, la testostérone, en une forme plus puissante : la dihydrotestostérone.
Les follicules pileux étant très sensibles à cette puissante hormone, ils arrêtent leur développement et passent d’une phase active de développement (anagène) à une phase de repos (télogéne) ou dégénérative (catagéne). La sensibilité des follicules pileux des hommes semblent être prédéterminée génétiquement : ce serait l’explication de cette apparente transmission de père en fils (Sinclair 1998).
Dans la mesure où la testostérone est présente aussi bien chez les hommes que chez les femmes, les deux sexes sont concernés par l’alopécie androgénique :
les hommes (surtout Caucasiens) pendant toute leur vie adulte. 96 % perdent leur cheveux, au moins partiellement, au cours de leur vie, la fréquence augmentant à peu près de 10 % par décennie : 20 % pour les jeunes hommes de 20 ans, 30 % pour les hommes de 30 ans, etc... (Sinclair 1998).
les femmes après la ménopause (diminution de la production d’œstrogènes entraînant une augmentation relative des androgènes). La prévalence serait comprise entre 20 et 40 % et n’augmente plus après 50 ans.
Les deux principaux traitements pharmacologiques sont respectivement le Minoxidil topique, une molécule antihypertensive qui améliorerait la circulation sanguine locale, et le Finastéride par voie orale, un inhibiteur de la 5-alpha réductase utilisé initialement dans le traitement de l’hypertrophie bénigne de la prostate.
2. L'Alopécie Diffuse ou en Plaques.
Elle provoque une perte de cheveux par plaques touchant principalement le cuir chevelu, mais d’autres régions de la tête et même le corps entier peuvent être atteints.
D’origine auto-immune, elle implique une inflammation du follicule pileux et les facteurs étiologiques seraient psychologiques (stress, dépression, fatigue) et iatrogène (médicaments).
Les traitements actuels de l’alopécie en plaques sont des molécules immunosuppressives : corticostéroïdes topiques, intradermiques ou systémiques, PUVA (Psoralène et exposition aux Ultra Violets A) et des molécules immunomodulatrices.
Ce type d’alopécie est normalement réversible, mais la chute des cheveux peut persister pendant plusieurs années (Gilhar 2007).